LA CHINE ET LE TURMÉNISTAN

 



(Tiré de deux affichages faits sur Linked In le 15 avril dernier.)


En plus d'être une source importante de gaz naturel, le Turkménistan a un avantage géographique important aux yeux de Beijing: c'est le seul pays d'Asie centrale à partager une frontière commune avec l'Iran.


Mieux encore, la ligne de chemin de fer qui relié la Chine à l'Iran passe sur son territoire, ainsi que sur le territoire du Kirghizstan et de l'Ouzbékistan. Il existe donc une liaison ferroviaire continue allant de Beijing à Téhéran.


C'est un point important dans le contexte de la crise actuelle et des grands problèmes d'approvisionnement qui découlent du double blocus du détroit d'Hormuz, tant le blocus iranien institué envers les navires de pays pro-américains que le blocus américain institué envers les navires de pays pro-iraniens.


Cette situation ne peut que démontrer, aux yeux du gouvernement chinois, l'importance de privilégier les corridors commerciaux terrestres aux corridors commerciaux maritimes, lorsque c'est possible, ces derniers étant bien plus vulnérables lors de conflits avec des adversaires ayant des flottes puissantes, comme les États-Unis (ou le Japon).


Il est très possible que cette conclusion ait des répercussions sur le développement des futurs corridors commerciaux entre l'Asie et l'Afrique, sitôt que seront terminées les opérations militaires qui sont en cours sur le front de l'Europe orientale et sur celui du Moyen-Orient.


Il faut aussi souligner que l'Asie centrale est une aire d'influence naturelle pour la Chine et ce, depuis des siècles. Cette région du monde a aussi l'avantage de s'interposer entre deux puissances importantes dont les relations actuelles avec la Chine pourraient se modifier au fil du temps, soit la Russie et l'Inde. Les relations entre Beijing et New Delhi sont marquées par une complicité economique à court terme et une rivalité politique à long terme. Dans le cas de Moscou et de Beijing, dont les relations oscillent traditionnellement entre bonnes et mauvaises, le courant passe bien, actuellement, mais ce n'est pas coulé dans le béton.


Pour la Chine, un des pires scénarios possibles, c'est celui d'une dégradation de ses relations avec la Russie et l'Inde, accompagnée d'un rapprochement entre ces deux géants. La Chine a donc un intérêt évident à conserver de bonnes relations avec les pays d'Asie centrale, ceux-ci séparant la Russie de l'Inde, tout en permettant à la Chine de rester en contact avec le Moyen-Orient, donc avec l'Europe et l'Afrique.


https://www.scmp.com/economy/global-economy/article/3350028/china-turns-central-asia-us-blockade-hormuz-chokes-global-energy-flows?share=udBKbaXYb9BFt600K3BsHBG7N6t3uEDbyOLPEkyB16EfYQIHYVnnsS2hnS9Mtsq6BGwlyQHL7JLtUtm8e7eqxpGWfrhMrDnDOQKEnh2iJH3bAyPFKmWcLndZ1BOy0G2w5BIyHqCNTu0lEUhaNHw10Q%3D%3D&utm_campaign=social_share


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