TERRAFORMATION: LA CHINE, L'AFRIQUE ET... MARS

 



(Texte d'abord publié sur Linked In ces derniers jours)


En principe, rien n'empêche que les méthodes de lutte à la désertification qui sont utilisées sur le territoire chinois depuis des décennies soient appliquées un jour, mais à bien plus grande échelle encore, dans les vastes espaces désertiques du continent africain, notamment au Kalahari et au Sahara.

Il sera cependant nécessaire, avant toute chose, de tenir compte et de considérer soigneusement certaines conditions préalables à toutes activites relatives à la planification, l'organisation et la mise en oeuvre d'une opération de terraformation d'aussi grande envergure, à l'échelle d'un continent.

Tout d'abord, le retour à la paix est essentiel, que ce soit en Europe orientale, au Moyen-Orient, dans le Nord-Est Africain et en Afrique occidentale. Les combats en cours, ainsi que les déchirements internes, les troubles civils et l'incertitude sécuritaires qui y prennent place actuellement, rendent impossibles une telle opération dans le cas du Sahara et des autres espaces désertiques se trouvant au nord de la ceinture équatoriale.

Ensuite, une opération de ce type implique inévitablement des déboursés imposants et ce, sur une longue durée, laquelle s'étaler sur un nombre incertain d'années et en décades, tout dépendamment de l'évolution politique et économique du continent, des soubresauts imprévisibles qui pourraient s'y produire, des surprises agréables qui pourraient s'y survenir, par exemple au niveau de la découverte de ressources minières ou hydriques encore inconnues, sans même parler de l'évolution générale du reste du monde.

Ce qui est encourageant, toutefois, à cet égard, c'est que le continent est en pleine croissance démographique et économique et qu'en conséquence, son avenir, sur le plan des capacités financières des pays africains en général, incline davantage à faire preuve d'optimisme que de pessimisme.

Au fur et à mesure que les pays africains émergeront de leur état actuel de dénouement relatif, ils commenceront graduellement à disposer de disponibilités financières et budgétaires plus importantes, lesquelles leur seront évidemment nécessaires pour assumer (et diriger au mieux) la mise en oeuvre d'une telle opération de terraformation.

Il va de soit que cela ne se fera pas du jour au lendemain: il a fallu une trentaine d'années à la Chine pour devenir le deuxième pays le plus riche du monde et nul ne sait combien il en faudra pour que le continent africain puisse faire jouer tous les avantages dont il dispose: population jeune et nombreuse, capacité de production agricole encore sous-utilisée, richesse minière considérable, potentiel énergétique à peine exploité( notamment pour le solaire, l'éolien, l'hydro-électricité, le nucléaire, le géothermique, etc.).

Étant donné tous les obstacles à franchir, il se pourrait bien que ce ne soit que dans une décennie ou deux qu'un tel projet de terraformation des déserts africains puisse réellement commencer à voir le jour.

Quoi qu'il en soit, un projet de ce genre présente beaucoup d'avantages:
  1. rendre productives des régions actuellement non peuplées ou peu peuplées,
  2. créer de la valeur sur les plans de la production alimentaire, minière, énergétique ou autres qui se développerait sur les zones ainsi terraformées, à des degrés variables, selon l'état d'avancement des travaux,
  3. générer des revenus fiscaux additionnels par l'augmentation de la population et la mise en place des activités économiques rendues possibles par l'aménagement de territoires présentement marginaux ou sous-utilisés et
  4. acquérir des connaissances pratiques au sujet de l'efficacité des méthodes utilisées, des stratégies retenues et des politiques adoptées par les pays concernés, tout au long du déroulement des opérations liées à cet effort de terraformation de grande envergure.
Il faut aussi considérer qu'une initiative de ce genre s'insèrerait dans le cadre de la lutte au dérèglement climatique, ainsi que dans les efforts de décarbonisation de l'atmosphère terrestre.

L'initiative pourrait aussi devenir un genre de répétition générale ou de banc d'essai pour un projet encore plus fou et ambitieux: terraformer un corps céleste voisin, par exemple Mars, une entreprise gigantesque qui ne pourra se faire, si même elle devient réalité un jour, que dans un horizon très éloigné, avec des moyens pouvant à peine être imaginés aujourd'hui et sur une durée sans commune mesure avec celle qu'implique la terraformation du Kalahari ou du Sahara...

https://www.keops-ingenierie.fr/25-desert-chinois-absorbe-carbone/

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