UNION EUROPÉENNE, EUROZONE, OTAN, COTATIONS...

 



(Affichages faits sur la plateforme Linked In les 16 et 17 mai 2025.)

Dans un contexte de coûts importants découlant du réarmement massif en cours, du mouvement qui se dessine envers l'émission d'obligations à long terme et d'une problématique persistante liée au déséquilibre budgétaire de plusieurs pays membres de l'Union européenne, celle-ci fait face à plusieurs urgences en même temps. Une des urgences les plus pressantes est d'élargir l'assiette fiscale des pays qui en sont membres. La manière la plus évidente est de s'efforcer d'en rehausser le nombre. Plusieurs candidats pourraient être placés en tête de liste au plan des candidatures, dont:

1.     la Norvège (fonds souverain imposant, positionnement géographique avantageux),

2.     l'Islande (positionnement stratégique important, proximité du Groenland, inclusion possiblement facilitée par la souplesse permise par un appareil gouvernemental relativement réduit),

3.     les micro-États que sont Monaco, Andorre, Saint-Marin et le Liechtenstein (inclusion présumément plus rapide à cause de leur taille réduite, de nouveau),

4.     les États des Balkans occidentaux, incluant la Serbie, l'Albanie et le Kosovo, selon une configuration imaginative à déterminer,

5.     la Suisse, dans la mesure où celle-ci y consent,

6.     le Royaume-Uni, dans la mesure où il est possible de débrexiter un pays tenté par la montée du mouvement de M. Farage

7.     l'Irlande du Nord et l'Écosse, avec un statut particulier pour chacun, dans la mesure où il est possible de négocier un accord en ce sens avec le gouvernement britannique.

Toujours dans le but de renforcer économiquement, monétairement, budgétairement et fiscalement l'Union européenne, la Commission européenne devrait sérieuse songer à accélérer l'entrée de nouveaux pays membres dans la zone euro, regroupant les pays utilisant cette monnaie. Actuellement, tous les membres de l'Union européenne recourent à l'euro comme monnaie l'usage et d'échange. Les seules exceptions se trouvent en Europe du Nord (Danemark et Suède) et en Europe orientale (Pologne, Tchéquie, Hongrie, Roumanie et Bulgarie). Hors de l'Union, deux petits pays candidats à l'admission au groupe, le Monténégro et le Kosovo, utilisent déjà l'euro de façon spontanée et non sollicitée. Les projets actuellement envisagées de financer le vaste effort de réarmement en cours et d'émettre des obligations européennes à longue échéance seraient évidemment renforcés par un plus grand usage de l'euro au sein de l'Union, ainsi que parmi les pays qui pourraient éventuellement s'y joindre (voir affichage précédent). Toutes ces initiatives:

  • aideraient à solidifier la place de l'euro dans le peloton de tête des monnaies les plus usitées dans le monde,
  • renforceraient le degré de confiance des investisseurs privés et des opérateurs publics à son endroit et
  • permettraient aussi à l'Union européenne de capitaliser sur l'affaiblissement à prévoir du dollar américain au cours des prochaines années, voire des prochaines décennies.

Un tel affaiblissement est de plus en plus possible étant donné la rivalité grandissante entre l'Amérique et la Chine, ainsi que la volonté affichée des pays membres de l'association économique des BRICS de recourir à leurs monnaies nationales pour leurs échanges.  Cet affaiblissement est également concevable à la lumière des politiques fiscales, budgétaires, commerciales et monétaires qui ont été adaptées et appliquées par l'administration Trump depuis janvier dernier, ainsi que celles qui sont présentement envisagées et celles qui pourraient être mises en application au cours du reste de son mandat. Un avantage évident d'un élargissement de la zone euro, à l'intérieur des limites actuelles de l'Union européenne, ainsi qu'au-delà de ces limites en cas d'admission de nouveaux membres, serait de constituer un plus grand bassin de pays utilisant l'euro et de multiplier ainsi l'impact du futur mécanisme qui permettra à l'Union de capter l'épargne européenne (et du reste du monde) par le biais des obligations de longue durée.

https://legrandcontinent.eu/fr/2025/05/16/politique-etrangere-et-voisinage-lindispensable-fusion-geopolitique-europeenne/

Il y a un parallèle troublant à faire entre ce rehaussement de la cotation accordée à l'état budgétaire du gouvernement saoudien et le tout récent recul de la cotation accordée aux finances fédérales américaines, sans oublier la décote infligée tout aussi récemment aux finances publiques du gouvernement français. Les trois pays évoluent dans des contextes différents, bien évidemment, et chacun d'eux fait face à des défis distincts. L'Arabie saoudite, par exemple, fait face au tarissement graduel de la manne pétrolière et cherche conséquemment à diversifier son économie nationale, un peu comme le fait l'Algérie, pays maghrébin, et pour exactement les mêmes raisons, d'autant que le Maroc, pays rival voisin, jouit déjà des avantages indéniables que procure une économie diversifiée. La solution saoudienne est réfléchie et se révèle jusqu'ici fort habile. Le royaume a entrepris de trouver des sources de revenus à l'intérieur et à l'extérieur du territoire national, par le développement d'une série de projets d'infrastructures et d'initiatives à caractère immobilier, ainsi que par des investissements ciblés visant à acquérir des actifs générateurs de revenus hors du territoire national. Par ailleurs, sa démarche (encore non achevée, du moins pour l'instant) vers une adhésion à l'association économique des BRICS doit sans doute être interprétée dans ce contexte. Le cas américain est d'un autre ordre et souffre de la maladresse d'un président mal conseillé et dont la tournure d'esprit reste marquée par ses antécédents de promoteur immobilier. Visiblement manipulé par les monarchies pétrolières du golfe, incluant probablement le royaume saoudien lui-même, il ne semble pas avoir une connaissance très approfondie des mécanismes régissant les échanges commerciaux entre les pays, ni des rapports de force existant entre les diverses entités qui, ensemble, forment un tissu géopolitique mondial en évolution constante. Cela étant posé, le gouvernement fédéral américain ne se réduit pas à une seule personne, ni à un seul parti politique, d'ailleurs, et il peut aussi s'appuyer sur des paliers inférieurs (État, comtés, municipalités). Le tout forme une armature aussi complexe que souple qui facilite l'adaptation au changement et permet des changements graduels de cap, selon les circonstances. Rien n'est donc encore joué du côté américain. En France, la situation est pénible mais pas désespérée. L'endettement national est profond et le glissement est difficile à renverser. La solution la plus évidente est de miser sur l'Union européenne pour mutualiser les risques, maximiser le potentiel fiscal des pays de l'Union européenne, rehausser les capacités communes d'emprunt et les possibilités de recourir à l'épargne d'origine européenne et extra-européenne. Il faut aussi noter qu'outre son appartenance à l'Union européenne et aux potentialités qui en découlent, la France dispose aussi d'importants atouts dans ses efforts de redressement budgétaires. Elle peut ainsi compter sur un niveau d'attractivité au niveau des investissements étrangers qui la place au premier rang en Europe, un secteur bancaire fort, une industrie touristique d'envergure mondiale, une production agricole considérable (vins, céréales, etc.), un tissu industriel serré, notamment dans les domaines aéronautique et aérospatial, etc. Par ailleurs, son poids au sein de l'Union européenne lui permet d'exercer une grande influence sur les destinées de cet ensemble, notamment dans ses relations présentes et futures avec la Chine, géant asiatique en pleine ascension au plan politique, scientifique technologique, culturelle et militaire. Actuellement deuxième pôle économique du monde, la République populaire de Chine tisse des liens de plus en plus serrés avec le reste de la planète, notamment par son appartenance aux BRICS mais aussi par ses actions diplomatiques ciblées qui lui ont permis, entre autres, de normaliser les relations entre l'Iran et l'Arabie saoudite, mais aussi de regrouper les différents groupes palestiniens pour leur permettre de parler d'une seule voix face au gouvernement israélien, afin de contribuer à désamorcer le conflit en cours au Moyen-Orient. l y a de fortes chances que la mise en place d’un rapprochement politique entre l'Union européenne et la Chine, en vue de faciliter les rapports économiques entre les différentes régions du continent eurasiatique, serait chose souhaitable. Toutefois, d'une façon réaliste, il est probable qu’un tel rapprochement est difficilement envisageable par les instances dirigeantes de l'Union européenne, tant et aussi longtemps que le conflit en cours en Europe orientale n'est pas réglé...

https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/05/17/avec-la-baisse-des-cours-du-brut-l-arabie-saoudite-se-tourne-vers-la-dette-pour-poursuivre-ses-grands-projets_6606558_3234.html

By envisioning a lessening of its financial contributions to NATO, while advocating a strengthening of their contributions by the other members of that military alliance, Washington is signalling that the burden of defending Europe will have to reside more on the shoulders of the Europeans countries and less on the shoulders of the United States. In that context, why should they accept to remain in the long run inside an organization designed from its onset to be the embodiment of America's intention to protect the European continent? NATO will probably survive for a few years, out of sheer habit and inertia, but its usefulness is becoming in doubt. It would make sense for the European Union to take charge of its own defense to avoid becoming dependant on a country fearing more a threat from China than a threat from Russia.

https://asia.nikkei.com/Opinion/Stakes-are-high-as-Trump-pushes-to-curb-NATO-contributions


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