L'IRAN VEUT PASSER À L'OFFENSIVE

 



(Article bas sur deux affichages faits sur Linked In aujourd'hui)


Lors de son premier mandat, Trump a frôlé le déclenchement d'un conflit armé avec l'Iran à deux reprises, avant de reculer au tout dernier instant dans chacun de ces deux cas.

Au cours de ce second (et, espérons-le, ultime) mandat trumpien, le président étatsunien s'est laissé entraîner par son allié israélien à participer activement à deux guerres ouvertes avec l'Iran.

La première, survenue l'an dernier, a pris la forme d'un conflit de douze jours, marqué essentiellement par une serie de bombardements aériens. La seconde, déclenchée cette année, est graduellement devenu un conflit de bien plus grande envergure, étendu sur plusieurs théâtres d'opération (golfe Arabo-Persique, mer Rouge, Liban, Irak, mer Caspienne, atoll de Diego Garcia, mer du Bengale...) et impliquant un grand nombre de participants, étatiques et non-étatiques.

Ce que l'article ci-dessous laisse entendre, c'est que la coalition israélo-américaine, apparemment convaincue de pouvoir contrôler tous les paramètres de ce second conflit armé, notamment au niveau de son intensité et, surtout, de sa durée, a donné un solide coup de pied sur une fourmilière bien préparée, bien organisée et bien décidée à faire en sorte que ces affrontements sans fin se terminent une bonne fois pour toutes et ce, à l'avantage de l'Iran.

La guerre de l'an dernier semble avoir convaincu Téhéran de l'importance de bien se préparer pour faire face adéquatement à une éventuelle reprise du conflit, dans l'hypothèse où la coalition unissant Israël et les États-Unis ne résisterait pas à la tentation de compter des points sur son dos, à temps pour les élections de l'automne, tant en Israël qu'en Amérique.

Jusqu'ici, tout indique que les Trumpiens sont plus pressés de se retirer du bourbier où ils ont mis les pieds que les Iraniens de mettre un terme à une situation qui leur a donné l'opportunité:
  1. de prendre le contrôle du détroit d'Hormuz,
  2. de démolir une partie importante des bases militaires américaines dans la région moyen-orientale et
  3. de se rapprocher politiquement de pays importants sur les plans économiques et militaires, dont le Pakistan, la Russie et, surtout, la Chine.

Dans ce contexte, la question suivante est légitime et doit être posée: quand la partie attaquée acceptera-t-elle de mettre un terme à des hostilités qui semblent la favoriser jusqu'à maintenant?

Il faut probablement s'attendre à une poursuite du conflit, ainsi qu'à son intensification et son élargissement territorial graduel, au fur et à mesure que les Iraniens adopteront une posture offensive et que les Trumpiens seront forcés de se mettre en mode défensif, entre autres pour économiser les précieuses (et très coûteuses) armes dont ils ont besoin pour abattre les projectiles de toutes sortes que leur envoient les Iraniens.

Ainsi, il apparaît probable que les bases américaines continueront d'être attaquées, afin de les rendre aussi inopérantes que possibles. L'utilisation par Téhéran de forces régionales alliées (milices chiites irakiennes et libanaises, Houtis) devrait aussi augmenter, en vue de multiplier les points de pression.

Il est cependant encore bien trop tôt pour jauger la vraisemblance des différents scénarios possibles à ce stade, lesquels sont nombreux. Plusieurs peuvent présenter des niveaux de dangerosité assez élevés.

Par exemple, Téhéran tentera-il de vassaliser l'État irakien, la population de ce pays étant majoritairement chiite, que ce soit par la voue de la manipulation politique ou par la voie militaire?

Tentera-t-il d'éliminer les bases américaines situées en Jordanie, pays limitrophe de l'Irak?

Tentera-il d'éliminer les importantes bases américaines qui émaillent le territoire koweitien?

Dans ces deux cas, choisira-t-il des moyens aériens pour parvenir à ses fins, étant donné que des invasions par la voie terrestre risqueraient fort de susciter une réaction saoudienne?

Tentera-t-il de susciter le soulèvement d'une partie de la population de Bahrein, pays majoritairement chiite qui héberge des installations navales américaines?

Combien d'eau coulera sous les ponts avant que des réponses concrètes à ces quelques questions (et à tant d'autres) finissent par apparaître au détour des fils d'actualité?

https://www.wsj.com/world/middle-east/iran-plan-escalate-war-cc657664?st=uGBntm


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